Excellence Monsieur le Président, Charles Michel Président du conseil Européen,

Madame la Présidente de la Commission de l’ UE,

Madame la SGA de l’ ONU,

Monsieur le Président de la Commission de l’ UA

Monsieur le Haut Représentant pour les Affaires Étrangères 

Mesdames et Messieurs,

            La présente visioconférence intervient dans un contexte où le monde est confronté à la crise sanitaire causée par le Covid 19. Pour le Sahel, cette crise sanitaire vient s’ajouter à la crise sécuritaire. Si cette crise sanitaire devrait durer jusqu’à la fin de l’année, les économies des pays du G5 Sahel, comme celles du monde entier, seront en récession. Le Sahel connaîtra alors une triple crise: sanitaire, sécuritaire et économique.

            S’agissant de la crise sanitaire, ses conséquences humaines, sociales et économiques dans nos pays sont bien connues. À la date du 27 Avril, 1797 personnes sont contaminées et 95 sont décédées dans notre espace. Pour le cas du Niger on compte 701 personnes contaminées pour 29 personnes décédées. Pour le Niger, sur la base d’une sortie de crise sanitaire fin Juin, les conséquences socio-économiques seraient:

·        recul de la croissance de 6,9% à 1%

·        augmentation de l’inflation de 2,7% à 4,4%

·        réduction des recettes fiscales

·        agrégation du déficit budgétaire de 2,6% à 5%

·        dégradation de la balance de paiement

·        perte d’emplois et accroissement du chômage

             Pour faire face à cette situation nous avons mis en place un plan de riposte d’ un montant de 1436 milliards, soit 2,2 milliards d’euros réparti comme suit:

–         Gestion sanitaire de la pandémie : 167 milliards FCFA

–         Appui à la résilience du système éducatif : 19 milliards FCFA

–         Soutien aux personnes vulnérables 487 milliards FCFA

–         Atténuation de l’impact économique : 765 milliards FCFA dont 331 milliards de soutien aux producteurs du secteur agropastoral.

Nous avons besoin du soutien de l’Union Européenne et de tous les autres partenaires. Ce soutien est indispensable en particulier s’agissant de l’annulation de la dette, et au delà de la mise en place d’un nouveau paradigme pour une nouvelle gouvernance politique et économique mondiale.

S’agissant de la crise sécuritaire, le 13 Janvier 2020, s’est tenue à Pau en France, une rencontre Pays du G5 Sahel-France en présence de l’ Union Africaine, l’ UE, et le ONU dans un contexte sécuritaire difficile. Les engagements pris à l’occasion de cette rencontre portaient sur:

– la mise en place d’une coalition internationale pour le Sahel organisée autour de 4 piliers : Intensification de la lutte contre le terrorisme, renforcement des capacités militaires des Etats du G5, appui au retour de l’État et des administrations, aide au développement.

– le soutien à un effort militaire prioritaire sur la zone des “trois frontières”

-la mise en œuvre de l’accord d’Alger, en lien avec les conclusions du Dialogue National Inclusif Malien et la résolution 2480 du conseil de sécurité.

-Le renforcement des relations entre les armées du G5 Sahel et la France

-La stabilisation au centre Mali et Burkina Faso

-La mobilisation de l’UE et des autres partenaires

– le Soutien de la coalition aux Etats-membres du G5 Sahel frontaliers avec la Libye.

– Le Soutien à une action robuste de la MINUSMA dont nous souhaitons le renouvellement du mandat.

-Les mesures de justice et de gouvernance en appui aux efforts sécuritaires.

-Une nouvelle impulsion au Secrétariat Permanent du G5 Sahel et à l’ Alliance Sahel.

Depuis Pau avec la mise en place de un commandement conjoint à Niamey, des progrès importants ont été réalisés dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans la zone des 3 frontières. Néanmoins la Force Conjointe, de plus en plus opérationnelle a besoin:

– d’un soutien en équipement notamment de moyens lourds de combat

– de la poursuite de l’ appui à la formation avec EUTM Mali et Eucap Sahel

– du soutien à la mise en œuvre du cadre de conformité droits de l’ homme.

– du soutien logistique opérationnel

– de l’ appui aux services et infrastructures

– de soutien pour la mise sous chapitre 7 de la charte des Nations Unies.

Par ailleurs la mobilisation des forces de l’UA et de la CEDEAO, le démarrage de l’ opération Takuba avec des forces spéciales Européennes me paraissent plus que jamais nécessaires. Je fonde l’espoir que la crise sanitaire n’en retardera pas l’intervention.

            S’agissant de la crise économique, le soutien de l’UE à la mise en œuvre du PIP est plus qu’ indispensable notamment à travers la mobilisation de l’Alliance Sahel. Dans la perspective de la sortie de la crise du COVID19 et de la relance de leur économie, les États du G5 Sahel ont besoin d’investir dans des projets structurants, notamment dans les infrastructures énergétiques, ferroviaires , les nouvelles technologies de l’ information et de la communication, dans l’industrie ainsi que dans l’ agriculture.

Pour financer ces investissements, il sera certainement nécessaire de concevoir des financements innovants à travers un plan Marshall ambitieux. Je rappelle que le plan Marshall en faveur de la reconstruction de l’Europe a coûté 4% du RNB des USA pendant cinq ans. Après le covid il est nécessaire de mettre en place un nouveau paradigme. Des crises notamment sanitaires, climatiques de dimension planétaire seront de plus en plus fréquentes. Nous devons partager les risques comme les avantages de la mondialisation.

Permettez-moi, avant de terminer, de saluer la qualité de la coopération entre l’UE et le G5 Sahel en général et avec le Niger en particulier.

Je vous remercie.